Comprendre les racines protestantes, c’est comprendre comment la Fondation a façonné son esprit d’ouverture et comment l’ancrage territorial a permis son développement.
Le religion
Le protestantisme est l’une des 3 confessions du christianisme : celle qui ne reconnait pas l’autorité du pape. À la différence des catholiques, il n’y a pas de hiérarchies : l’unique autorité sous laquelle les protestants se placent est celle de la Bible. Les croyants se réunissent dans un temple sobre, sans fresque, ni statue, ni icônes où le pasteur est le ministre du culte. Au sein même de cette confession, il existe 7 courants de pensées, que sont notamment les anglicans et les évangélistes.
Aujourd’hui, le protestantisme contemporain représente environ 2% de la population.
Origines du protestantisme
Le 31 octobre 1517, Martin Luther (prêtre, théologien et professeur d’université allemand) publie 95 thèses contre les indulgences du pape et les dérives de l’Église, à Wittenberg en Allemagne : c’est l’origine du schisme dans l’Église, qui donne naissance à la Réforme. Les idées de Luther se répandent très vite en Europe. En France, Jean Calvin, pasteur et théologien, les approfondit en apportant sa doctrine, dite du calvinisme, et accompagne le développement des Églises réformées.

H. 0,85 ; L. 0,72. Eisenach, Wartburg
Les principes du protestantisme
1. « La Bible seule » – Sola Scriptura
La Bible est la seule autorité reconnue en matière de foi et de vie chrétienne. La Parole est reçue dans la foi, transmise par les hommes et constitue une source historique de la connaissance chrétienne.
2. « Se réformer sans cesse » – Ecclesia semper reformanda
Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines et, comme le rappelait Luther, « Elles peuvent se tromper ». En référence à l’Évangile, les Églises doivent continuellement interroger leur propre fonctionnement et porter un regard critique. Chaque croyant porte une part de responsabilité dans cette vigilance et témoigne de la fidélité à la Parole divine.
3. « Le sacerdoce universel » – Sacerdotium universale
Parmi les principes les plus novateurs de la Réforme, le sacerdoce universel affirme que tous les baptisés ont la même dignité spirituelle et un accès direct à Dieu.
4.« La grâce seule (La foi seule) » – Sola Gratia (et Sola Fide)
La grâce est première, absolue et gratuite. Le chrétien ne fait pas le bien pour gagner l’amour de Dieu, mais parce qu’il est déjà aimé de Dieu. Ses œuvres ne relèvent pas d’un calcul, mais d’une reconnaissance. La foi elle-même est un don de Dieu, une réponse suscitée par son appel.
Pour aller plus loin :
https://museeprotestant.org
https://www.eglise-protestante-unie.fr/histoire/histoire-du-protestantisme-5
Ancrage territorial
Entre la Gironde et la Dordogne, les sites tels que la vallée de l’Isle, Mussidan, de Castillon-la-Bataille à Bergerac et Eymet, Duras, Monflanquin, la vallée vers Lalinde, Saint-Cyprien et Le Bugue, Montignac, sont ralliés très majoritairement au protestantisme dans les années 1550-1560 et forment une unité dans l’organisation de l’Église protestante.
Lorsque le pays bascule ensuite dans les guerres de Religion (1562-1563, 1567-1568, 1568-1570, 1572-1573, 1574-1576, 1576-1577, 1579-1580 et 1585-1598), la conversion est forcée et sont persécutés tous celles et ceux qui pratiquent une autre religion que celle du Roi. Le protestantisme régional se relève à partir de la Révolution française.
Nous voici au XXIème siècle, la déchristianisation n’épargne pas la Dordogne. Des centaines de foyers participent à la vie de l’Église. D’autres, protestants “historiques” restent attachés à un esprit critique. Le protestantisme représente une réalité culturelle profonde dans la région et contribue à enrichir une société plurielle. De fait, le 4 mars 2017, on inaugure la Maison John et Eugénie Bost à La Force, et on fête le bicentenaire de la naissance de John Bost.
Pour aller plus loin :
https://www.chroniquesprotestantesvalleedordogne.org/huguenots-chronologie.html
Dictionnaire historique du protestantisme en Périgord Guyenne Agenais, Éditions Barthélémy, 2012 (2ème édition)





