Dans la littérature des Asiles de Laforce, la pratique de l’art n’est pas un sujet dont on parle. Pourtant John Bost était lui-même un artiste ; il était sensible au beau puisqu’il voulait que les malades se sentent bien, portés par la beauté de la nature. Mais le quotidien des Asiles était rythmé par les travaux ménagers, les travaux des champs, l’attention portée aux uns et aux autres, les leçons, les ateliers de production – production pour les besoins des pensionnaires et la vie des maisons ou production pour la vente afin de renflouer les caisses. Cette préoccupation semble ne pas laisser de place à autre chose.

Les origines de l’art brut
L’Art brut est une notion inventée par l’artiste français Jean Dubuffet, en 1945, lors d’une visite dans les hôpitaux psychiatriques suisses. Les productions esthétiques réalisées en hôpital psychiatrique, ce qu’on a appelé « l’art des fous », ont joué un rôle majeur dans la conceptualisation de l’art brut. Cependant certains contestent le qualificatif d’« art », lui préférant, celui de « thérapie » .
En effet, dans un premier temps « l’art des fous » était étudié non pas pour ses valeurs artistiques, mais par le prisme d’étude sociale et médicale, ainsi que pour sa tendance à représenter l’imaginaire hors des cadres de pensée généralement admis. Dubuffet rejette cette idée, il considère qu’il n’y a pas plus « d’art des fous » que « d’art des malades du genou » et sort de l’idée que cet art n’est seulement imputées à des problèmes psychopathologiques.
En 1948, Dubuffet crée la Compagnie de l’Art brut. Il est rejoint par André Breton, de l’écrivain et éditeur Jean Paulhan, des collectionneurs et marchands d’art Charles Ratton et Henri-Pierre Roché et du critique d’art Michel Tapié.
Le Club artistique à la Fondation John Bost
En mars 1974, une expérience de loisirs artistiques est mise en place dans le cadre d’un nouveau schéma d’orientation pédagogique. « Lorsque nous avons créé le Club artistique, notre idée était d’ouvrir un espace échappant aux visées pédagogiques, rééducatives ou thérapeutiques. Nous disposions d’un local indépendant, les activités proposées étaient le dessin, la peinture, le collage, la sculpture, le modelage, les émaux. Les animateurs étaient tous des artistes ». Au fil du temps, les objectifs sont restés les mêmes, mais les activités réduites. Une artiste peintre a animé ce lieu. Il a fermé en 2008.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, ce lieu n’existe plus mais d’autres espaces de création sont proposés de façon permanente ou ponctuelle. Solitaires dans leur chambre, lors de temps dédiés dans les établissements ou lors de rencontres avec des artistes, les résidents s’expriment à travers les arts.
« La créativité est un mot qui ne prend son sens ici que par ce qui se vit et ce que le résident peut s’autoriser. Le résident doit d’abord être mis en confiance (…) copier, imaginer, transformer, inventer un peu, sont des façons de créer. Chacun y met tous ses désirs et sa volonté de réussir. »
Mur d’expression
Retrouvez les œuvres des artistes-résidents de la Fondation John Bost.




















